Ibid., t. CCLVI, p
3. Servient à Pomponne, le 10 septembre 1678 (ibid., t. CCLV1I, p. 263-268).
tout de bon au cardinalat. » Ce sont encore les propres expressions de l'abbé de Servient l. En août 1679, «quelques gens » voulaient que le pape songeât aussi à le faire cardinal2. De guerre lasse, don Livio se déclara indifférent en décembre, et assura, dit le duc d'Estrées, « qu'il était entièrement résigné à la volonté de son oncle, et qu'il recevrait ce qu'il lui voudrait donner, un chapeau ou une femme, pour sortir de l'obscurité et de l'état languissant où il était 3. » C'est ainsi que don Livio envisageait le mariage et le cardinalat comme des moyens de sortir de l'obscurité et de la langueur, et rien de plus; quant à la notion d'une vocation religieuse, il n'en avait pas l'ombre, et son oncle ne semble pas lui en avoir jamais dit mot.
D'après le duc d'Estrées, le projet de mariage avec une princesse Ludovisio, projet que caressaient surtout le cardinal Ludovisio et M. de Luca, aurait, été tout à fait rompu en janvier 1680, parce qu'il déplaisait à la cour d'Espagne4. Le 11 janvier 1681, Servient fit savoir à Croissyque don Livio cherchait alors à se faire nommer cardinal5. Don Livio fit-il des instances un peu vives et incommoda-t-il son oncle, ouïes filles du sénateur Herba causèrent-elles à Sa Sainteté quelque chagrin? Toujours est-il qu'on lit dans la dépêche du duc d'Estrées au roi, le 12 août 1681 : « Le cardinal Cybo me conta aussi que Sa Sainteté lui avait dit, deux ou trois fois depuis peu, que ce n'était pas un petit embarras d'avoir des parents. A quoi il avait répondu que, quand ils étaient bien nés
1. Dépêche du mercredi 19 octobre 1678 [Correspondance de Rome, t. CCLVIII, p. 46-48).
2. Le duc d'Estrées au roi, le 29 août 1679 (ibid., t. CCLXII, p. 70-78).