Le même au même, le 3 avril
3. Dépêche au roi (Correspondance de Rome, t. CCLXXXIII, p. 307-318).
assuré ne s'évanouisse parmi tant d'orages i. » Vers le 24, le duc ayant invité de nouveau le pape à élever don Livio au cardinalat, Sa Sainteté lui répondit qu'il ferait mieux son salut en l'état où il était qu'en étant cardinal 2, ce qui prouve que le pape ne considérait pas le cardinalat comme un grand moyen de sanctification. Vers le même temps, un mémoire italien circula, dans le but, entre autres, de pousser adroitement le pape à marier don Livio au lieu de le faire cardinal 3. Le 16 août, le duc d'Estrées renouvela ses instances auprès de Sa Sainteté, ce qui lui rendit le visage « ouvert et riant 4. » Cependant, en septembre, Sa Sainteté eut des chagrins au sujet de don Livio, « qu'on accusait de quelque débauche, » dit Servient3; étrange manière de se préparer au cardinalat et de le mériter ! Aussi, le 11 de ce même mois, le pape répéta-t-il au duc d'Estrées ce qu'il lui avait déjà dit plusieurs fois, qu'il serait mieux pour le salut de son neveu qu'il ne fut pas cardinal, mais qu'il restât dans son état actuel6. Pendant que le pape se plaignait ainsi, le prélat del Giudice « faisait voir une courtisane à don Livio; » et s'il ne se fût agi de son neveu, le pape eût fait un éclat et eût chassé ce prélat de Rome7. En présence d'une telle conduite, le pape renonça à son désir de donner le cardinalat à son cher neveu et revint à l'idée de le marier avec une princesse Borghèse. Le cardinal d'Estrées, dans sa dépêche du 8 octobre 1682, dit expressément aussi que ce changement dans les intentions du pape était fondé sur « quelques rapports qu'on lui avait faits que la