Ibid., p
LES INTRIGUES DU CONCLAVE DE 1676. il
échec pour les Espagnols! On ne pouvait montrer plus de 1 ('-gère lé.
Une lettre de l'abbé de Bourlemont à M. de Pomponne, datée du 8, mentionne qu'il y avait alors 62 cardinaux au conclave, qu'il fallait par conséquent 42 voix au moins pour faire un pape. « On ne peut assembler cela, dit-il, qu'en unissant quatre factions, les deux plus fortes n'étant que de 15 à 10 voix et n'y en ayant point parmi les autres qui arrive à 11 ; c'est ce qui rendra le conclave long1. » Donc cet auditeur de rote ne croyait pas non plus, même à celte date, à la facilité du succès d'Odescalchi.
Une lettre de l'abbé de Servient à M. Pachon, datée du 9, montre que ce camérier français était aussi hostile à la candidature d'Odescalchi. Il y propose, pour faire diversion à celui-ci, de mettre en avant Griinaldi, sans croire toutefois à la victoire de ce damier. Servient remarque que le cardinal Odescalchi « n'a vu que Côme et Rome » ; que sa capacité n'est pas comparable à celle de Grimaldi; (pie « d'ailleurs il a plus de 40 ou 50 000 écus de rente dans les terres d'Espagne, il en est né sujet, il y a des parents et des neveux » ; que, « si sa capacité médiocre était préjudiciable à l'Église, elle le serait apparemment pour sept ou huit ans2. »
A partir du 14, les négociations deviennent pressantes; c'est un échange journalier de billets et d'avis, où chacun des cardinaux français trahit ses sympathies. Autant Bonzi se montre altiérisle et antifrançais, autant Iletz justifia peu sa réputation d'esprit sagace. Voici ce que cette correspondance animée renferme d'essentiel :
Avis du cardinal de Bouillon, du 14 septembre 1676 : « S'accommoder avec le cardinal Altieri et l'obliger de concourir à Grimaldi ou à tel autre qu'il plairait à Sa Majesté, et dire ensuite aux Espagnols que la France n'excluait pas Odescalchi, — donc le cardinal de Bouillon considé-