Correspondance de Rome, t. CCXC, p
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 14 juillet 1684 (ibid., p. 293- 308).
y ont perdu en peu de temps le quart, dont ils se plaignent assez hautement1. » On lit encore dans la dépêche du même ambassadeur, datée du 6 janvier 1685 : « Don Livio a 80000 écus en offices vacables, et depuis peu Sa Sainteté lui en a fait encore acheter pour 60000 écus. Et comme on prétend qu'elle ne veut pas mieux traiter son neveu que les autres cardinaux, qui perdent par le cardinalat les vacables qu'ils ont, on pourrait croire que c'est dans cette vue qu'elle a voulu que don Livio en eût encore pour 60000 écus. Mais d'ailleurs la somme de 80000 qu'il avait déjà paraissait suflisante pour montrer son désintéressement pour son sang et le désir de préférer l'avantage de la Chambre2. » Le duc d'Estrées parlait ainsi dans la persuasion où il était que le pape voulait faire son neveu cardinal; il se trompait, comme les événements l'ont prouvé. Trop de détails montrent jusque l'évidence qu'Innocent XI n'était pas homme à exposer son neveu à une perte quelconque d'argent. Le duc, huit jours après, écrivit : « Don Livio espère ne pas perdre ses vacables et que Sa Sainteté voudra bien lui donner du temps pour s'en défaire avant sa promotion3. » Dans sa dépêche du 24 février 1685, Servient envoya à Croissy les détails suivants: — Le trésorier de l'épargne était un ami intime et même une « créature de don Livio. » Ce trésorier n'avait pas rendu de compte au pape depuis neuf ans; « il n'était obligé de compter que du capital et tous les profits étaient de don Livio » qui négociait avec lui. Ces deux hommes négociaient avec d'autres, mais à des conditions onéreuses pour ceux-ci, « outre que l'autorité du neveu facilitait et assurait les affaires douteuses ou difficiles. » Aussi don Livio avait-il alors un revenu « qui passait 60000 écus de rente. » Don
1. Dépêche du 26 août 1684 (Correspondance de Rome, t. CCXCII, p. 130-138).