‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 309 sur 473 · Le duc d'Estrées au roi, le 22 avril · texte numérisé non relu

Le duc d'Estrées au roi, le 22 avril

4. Le cardinal d'Estréesau roi, le 2 juillet 1682 (ibid., t. CCLXXXIV, p. 5-20).

aussi de l'intrigue1. Si don Livio se conduisait ainsi avec Favoriti et s'il avait en lui une confiance assez grande pour le recevoir secrètement, il est probable qu'il eut pour Casoni, neveu et successeur de Favoriti, les mêmes sentiments. Le duc d'Estrées affirma le contraire dans sa dépêche du 2 décembre 1682; il assura que le cardinal Cibo, don Livio, Mogiaschi (sic) et d'autres souhaitaient que Casoni n'approchât en aucune manière du pape, mais il n'en donna aucune preuve.

En juillet 1683, dans un épanchement où le pape et le cardinal Spinola de Sainte-Cécile échangèrent leurs sentiments d'amour pour l'Espagne et de haine contre la France, le pape se plaignit au cardinal de ce que ses neveux Herba et don Livio étaient « aujourd'hui plus Français que les Français mêmes 2. » Mais on sait d'ailleurs combien le sénateur Herba était attaché à l'Espagne.

L'assertion du pape, loin de prouver une conversion d'Herba et de don Livio vers la France, ne prouvait donc qu'une chose, la ferveur toujours croissante du pape pour l'Espagne; il était devenu lui-même si ardent, qu'il trouvait froids les partisans les moins suspects. D'ailleurs, la camarilla avait intérêt à connaître aussi à fond que possible les intentions de l'ambassade de France, et elle pouvait très habilement, à un moment donné, charger don Livio de les scruter par un commerce avec les d'Estrées. Le malheur fut que le cardinal d'Estrées sembla prendre ce manège au sérieux. Son Eminence, trop confiante, écrivit à Louis XIV, le 30 novembre 1683, que son frère l'ambassadeur et lui ne donnaient au cardinal Cibo aucune connaissance de « tous les commerces qu'ils avaient avec don Livio et qui demeuraient dans un entier secret.» — « Il importe trop pour lui, ajouta-t-il, que le pape

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