Ibld., t. CCXCVII, p
4. Le duc d'Estrées au roi, le 15 mai 1685 (ibid., t. CCXGV, p. 223).
5. Le même au môme, le 30 octobre 1685 (ibid., t. CCXCVI, p. 204-220).
d'Estrées envoya la copie à Paris; cette copie en italien se trouve, avec la traduction française, dans la Correspondance de Rome (t. CCCIX,p. 46-50). On lit au-dessous: « J'ai copié moi-même ce billet sur l'original de don Livio à l'abbé Vagnini, en présence de cet abbé qui m'a dit être écrit de la main même de don Livio. Antoine de la Sente de la Rovère, prince de Belmont. » En voici la teneur : « 22 juin 1687. Tempus brève est. J'ai cherché tous les moyens qui pourraient être propres pour servir la personne que vous savez que j'honore, mais je ne vois point de remède, et l'on verra bientôt finir la confiance qu'on avait mise dans les violences pour exclure et trahir celui que l'amitié portait à donner de bons avis. C'est ce qui me fait approuver davantage l'inscription qui est sur la porte : Lorsque vous avez pu, etc. Il n'y a plus que peu de jours à attendre pour voir la destruction de cette maison-là. J'en serai fâché, mais vous aurez vous-même procuré votre perte. Nous nous étions appliqués au salut de Babyîone, et elle n'en a pas profité. »
Lavardin ne se laissa pas surprendre comme les d'Estrées par les avances intéressées et trompeuses de don Livio. Le 30 décembre 1687, il écrivit au roi: « Don Livio s'enfuit d'un quartier dès que j'y arrive... Si je puis l'envoyer au Milanais, nous y perdrons la figure d'un apothicaire1. » Cependant, en mars 1688, don Livio salua Lavardin, qui lui rendit son salut 2.
Don Livio, se voyant percé à jour par le nouvel ambassadeur, se tourna sans doute avec une désinvolture plus libre vers l'Autriche. Soit pour le récompenser de cette volte-face, soit pour le remercier d'avoir si bien joué son rôle avec les d'Estrées, l'empereur Léopold lui envoya, en septembre 1688, son portrait enrichi de diamants, d'une valeur d'environ 18 000 écus ou 4000 pistoles3. Quelques