‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 315 sur 473 · lbid.,p · texte numérisé non relu

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d'un avis oppposé ; le 19, il écrivit à M. de Pomponne que c'était « une nouvelle de basse cour, » mais toutefois qu'il l'éclaircira1.

Les dépêches qui suivent montrent qu'en effet il y eut brouille; mais cette brouille, qui provenait des divergences des caractères et aussi des jalousies du métier, peut-être même des habiletés du pape, ne portait que sur des détails secondaires ; le but final, les vues générales, les aspirations, les principes étaient les mêmes. Innocent était trop habile pour tolérer dans son intimité des divisions fondamentales et compromettantes. Le duc d'Estrées, qui avait intérêt à faire ressortir auprès du roi le prétendu crédit de Cibo, ne négligeait rien de ce qui pouvait faire croire cà un amoindrissement des adversaires du cardinal. Le 6 juin, il manda au roi : « La division de messieurs de Luca et Favoriti augmente de plus en plus, et à un point que l'on prétend que leur crédit en est diminué auprès du pape. On dit que le sujet de cette division vient de ce que, pendant la maladie de M. le cardinal Cybo, et dans le temps qu'on le croyait presque désespéré, ils avaient essayé de prendre des mesures au préjudice l'un de l'autre pour essayer de gouverner Sa Sainteté et occuper les principaux postes. C'est un grand avantage pour le cardinal Cybo, s'il sait en profiter2. »

Les recherches de l'abbé Servient l'ont conduit au résultat suivant, qu'il mentionne d'abord dans sa lettre du 7 juin 1679 à M. de Pomponne. Il raconte que Favoriti et de Luca se sont injuriés, à l'occasion de carrosses que Favoriti avait demandés et que de Luca lui avait d'abord refusés, puis accordés, mais en le tournant en ridicule auprès des cochers et des camériers secrets, ce qui avait excité les cochers à railler Favoriti en le conduisant. Favoriti traita de Luca « de paysan, de fourbe

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