‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 316 sur 473 · Ibid., t. CCLXI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXI, p

et de malhonnête homme. » Servient ajoute que de Luca est le plus chargé, « comme ayant manqué de sincérité, et parce qu'il souhaite le cardinalat et croit an fond Favoriti en état de lui nuire, d'autant plus que Favoriti ne peut aspirer sitôt à celte dignité, et pourrait révéler au cardinal Cybo toutes les cabales qu'ils ont faîtes ensemble contre lui. » Favoriti a dit en secret à un ami deServient que Sa Sainteté le préférerait à de Luca, « connaissant par elle-même une partie des imprudences de celui-ci1.»

En juillet, cette division s'accrut encore. « M. de Luca, écrit le duc d'Estrées à M. de Pomponne, dit ces jours-ci assez haut pour pouvoir être entendu de l'abbé Favoriti, qu'il le fallait recommander à ceux qui avaient la direction dei pàzzi, comme qui dirait en français petites maisons2. )) — «Favoriti, dit quelque temps après l'abbé de Servient, ne craint pas moins de voir M. de Luca cardinal comme son mortel ennemi ; » et, d'autre part, ce dernier est « très bien raccommodé » avec don Livio3.

Le cardinal Cibo ne profita pas de cet état de choses; au lieu d'abattre ses compétiteurs, il se laissa dépasser par eux. Dans une lettre du 22 juin 1679 à M. de Pomponne, l'abbé de Servient dit de ce cardinal qu'il était « dans le fond rempli de bonté, mais qu'il ne soutenait pas la réputation de vigueur et d'habileté dont il avait donné des marques dans des postes moins élevés. » Ce cardinal s'est plaint à Servient même des difficultés qu'on lui suscitait journellement auprès de Sa Sainteté. « Monseigneur, pour vous dire les choses comme elles sont, M. le cardinal Cybo n'a plus de vigueur ni presque de volonté d'agir; il voit et convient... que Favoriti et de Luca s'attirent toutes les affaires, mais il n'ose s'y opposer. » Il craint pour sa santé, et il redoute même une rupture avec

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