Ibid., t. CCLXVIII, l°r suppl. de 1680, p
le pape1. Nous verrons plus loin, en étudiant particulièrement le caractère et la conduite du cardinal Cibo, qu'il ne pouvait pas redouter une rupture avec le pape, et que l'attitude craintive qu'il affecta dans celte circonstance était simulée dans le but de tromper Servient et les Français.
Néanmoins Favoriti et de Luca étaient au premier rang dans les conseils secrets du pape. C'est Favoriti qui conduisait les intrigues principales à Rome et hors de Rome; c'est lui surtout qui entretenait les correspondances confidentielles avec les ennemis de Louis XIV, les gallicans et les jésuites de France; il faisait ses rapports au pape, qui se déterminait en conséquence. Cibo était pour les négociations officielles, Favoriti pour les trames cachées. « La cabale, écrit l'abbé de Servient, se fortifie tous les jours à Rome par les soins de Favoriti, entre cette cour et quelques-uns de nos évêques de France et de divers autres ecclésiastiques2. » L'abbé de Servient avait raison. Il y avait à Rome un certain nombre de Français, ecclésiastiques réguliers et séculiers, qui complotaient contre le gallicanisme et contre les thèses soutenues par Louis XIV; les agents de l'évêque dePainiers dans l'affaire de la régale et ceux du parti janséniste s'y distinguaient entre tous. Or, leur fanatisme était alimenté par celui de Favoriti. Nous le savons par les révélations que l'un d'entre eux, de La Borde, qui fut secrétaire de l'évêque de Pamiers, fit vers celte époque, lorsque, scandalisé par les agissements éhontés de Favoriti et par les impostures de la curie, il dévoila tout dans un mémoire adressé au roi. Naturellement Favoriti et ses compères crièrent à la calomnie; mais de La Borde se défendit par trois lettres adressées au pape, à Favoriti et à Dorât, lettres qui se trouvent dans les archives3 et que nous donnerons plus