Ibid., p
loin. En attendant, voici celle qu'il écrivit au pape en février 1681, et qui montre suffisamment comment le pape était trompé par sa cabale et de quelles gens il se servait comme conseillers intimes.
« Très saint Père, feu M. de Pamiers m'ayant envoyé auprès de Votre Sainteté pour lui représenter avec le sieur Dorât ce qui pouvait regarder ses intérêts, j'y ai séjourné pendant..., et j'ai été témoin de tout ce qui s'y est passé de plus secret, comme je l'ai exposé sincèrement par le mémoire que j'ai mis entre les mains du roi, qui ne contient que des vérités, que je suis prêt d'aller soutenir aux pieds de Votre Sainteté. Elle peut me croire capable de les avoir déguisées, et j'espère que Dieu me fera la grâce de faire voir à Votre Béatitude que l'abbé Favoriti, que j'apprends avoir eu l'audace de traiter un homme de bien d'imposteur et de faussaire, à justement mérité ces titres. Je n'ai pu, très saint Père, refuser aux remords de ma conscience de rendre compte au roi de toutes les fourbes dont on s'est servi, pour rompre l'union qui est onécessaire au bien de l'Église entre Votre Sainteté et le roi; et je croirais aussi manquer au plus essentiel de mes devoirs, si je n'assurais Votre Sainteté de la vérité du mémoire que le roi a envoyé à M. le cardinal d'Estrées, et dont j'apprends qu'il a fait part à Votre Sainteté. »
Les aveux du cardinal Cibo ne sont pas moins importants. D'après une dépêche du duc d'Estrées au roi, en date du 1er juin 1680, ce cardinal, pour se justifier dans l'affaire de la régale, raconta au duc comment au palais on se cachait de lui, et comment « on ne lui communiquait sur cette matière que les choses dont on ne pouvait s'empêcher de lui donner quelque connaissance. » Il ajouta qu'il y avait, dans le conseil du pape, « des gens incessamment appliqués pour causer une rupture entre la France et la cour de Rome1. » Cibo insista auprès du duc sur ce point et lui répéta que le pape était poussé,