Correspondance de Rome, t. CCLXV, p
dans l'affaire de la régale, par des gens « mal intentionnés1. »
Après avoir rapporté ces aveux au roi, le duc d'Estrées ajoute qu'il a été confirmé ensuite « que le pape est très embarrassé d'avoir écrit ce bref, » et que ceux qui le portent à une rupture ont « V intention de le perdre et de le faire mourir, » vu qu' oc il ne pourrait pas résister à tous les déplaisirs et les dégoûts que lui attirerait une rupture2. » D'après Favoriti, le prélat Spinola, secrétaire des brefs, aurait été l'agent principal dans l'intrigue de ce bref.
Favoriti chercha à inspirer au pape sa propre haine contre les maisons Ghigi et Rospigliosi, contre de Luca, le cardinal Cibo, etc., ainsi que sa sympathie pour les jansénistes, avec lesquels il entretenait un commerce public. L'abbé de Servient l'assura dans un mémoire adressé le 12 juin 1680 à M. de Croissy3. Le 26, l'abbé Sanctis l'écrivit aussi à M. de Croissy : « M. Favoriti, dit-il, a commerce de lettres à M. Arnauld, et le pape fait toujours mettre dans ses lettres qu'il se recommande à ses bonnes prières4. » Le même jour, l'abbé de Servient écrivit à M. de Croissy : « Les conseillers du palais veulent qu'on excommunie M. de Paris, le Père confesseur et quelques autres, et qu'on maltraite la compagnie de Jésus5. »
Dans son audience du 15 août 1680, le duc d'Estrées reprocha au pape d'avoir pris pour conseillers dans l'affaire de la régale trois cardinaux très hostiles à la France, un surtout, Azzolini, ce même Azzolini qui, dans le conclave de Clément X (1670), avait empêché l'élection du cardinal Odescalchi, et qui avait ainsi privé l'Eglise d'un
1. Correspondance de Rome, p. 321-328, dépêche du duc d'Estrées au roi, le 4 juin 1680.