‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 320 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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si bon pape pendant six ans M Les deux autres cardinaux étaient certainement Oltoboni et probablement Carpegna; dans un mémoire du 28 du même mois, l'abbé de Servient appela ce dernier « notre plus grand ennemi et de tous les cardinaux le plus dangereux2. »

Le 30 septembre 1080, le père Cambolas dit à Dorât, un des amis intimes de Favoriti : « Ne dira-t-on pas que la passion de deux ou trois ministres du pape, qui le gouvernent à leur gré, l'ont jeté dans ces extrémités? » Dorât, loin d'infirmer cette assertion, répondit : « Le pape sait tout cela3. »

En octobre 1680, le duc d'Estrées ayant parlé au cardinal Gibo de trois brefs récents, adressés à l'archevêque de Toulouse, au grand-vicaire de Pamiers et au couvent de Charonne, ce cardinal répondit qu'il n'en avait eu aucune connaissance, non plus que M. Slusius, à qui l'expédition des brefs de cette nature appartenait cependant. « Ce sont apparemment, dit Gibo, des résolutions prises entre le pape et M. Favoriti". » Donc, à cette époque, la cabale avait, d'après Cibo, réussi à écarter, même en affaires graves, le cardinal secrétaire d'État et M. Slusius, l'un des hommes les plus sensés et les plus importants de la curie.

Favoriti et de Luca entraînaient le pape à leur manière de voir et à leurs procédés, en lui promettant comme résultats monts et merveilles. Mais il paraît que, lorsque le succès n'avait pas couronné leurs conseils et lorsque le pape se voyait compromis par eux, celui-ci devenait terrible. L'arrêt contre le bref de Charonne, écrivit Servient le 30 novembre 1680, est tombé à Rome « comme une bombe dans une troupe de populace ; » aussi Favoriti,

1. Correspondance de Rome, t. CCLXVI, p. 164-183, dépêche du duc d'Estrées au roi, le 20 août 1680.

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