‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 32 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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intérêt qu'Altieri a à rentrer dans les bonnes grâces du roi. » Le cardinal de Retz avoue que, tant qu'Altieri ne connaîtra pas les sentiments des Français à son endroit et leur candidat, Altieri sera dans l'impossibilité de s'expliquer franchement avec eux; d'autre part, le temps presse, et si on laisse l'affaire d'Odescalchi réussir sans y concourir, on en perd le mérite. « Ce que j'ai trouvé dans le conclave, ajoute-t-il, ne m'a pas fait changer d'opinion, parce que la connaissance que j'y ai eue que nous romprions le cola Odescalchi si nous voulions, ne m'a pas paru d'une considération assez forte pour me faire croire que nous le dussions, sans voir clair à ce que nous ferions après lui avoir rompu le col. C'est sur quoi je n'ai jamais pu me satisfaire (!). Votre Excellence en voit les raisons d'un coup d'œil. » Le cardinal de Retz dit que Rospigliosi a une « passion pour Odescalchi » ; et que Chigi ne sait laquelle de ses créatures proposer (!). Puis il ajoute : « Nos meilleurs amis, par exemple Delfin et Caries Barberin, souhaitent avec passion Odescalchi (!). Le cardinal Rospigliosi le désire plus que personne(!)... Toutes ces considérations avait fait que je n'avais pas balancé un moment depuis mon entrée dans le conclave, jusques à hier au soir que M. le cardinal de Bouillon nous fit une ouverture, qui me parut fort belle et même fort lumineuse. Je confesse que la pensée, qui est grande, honnête, ecclésiastique, et supérieure de beaucoup à toute la romanesquerie, me toucha infiniment. » Mais, réflexion faite, le cardinal de Retz observe que les Espagnols ne peuvent agréer Grimaldi ,. que les Français seront donc « dans la nécessité d'exclure Odescalchi et dans la honte de l'avoir exclu » ; qu'ils ne sauront plus où donner(!) ; que les zelanti leur tomberont sur les bras, les accusant de la longueur du conclave; et qu'il pourrait en résulter « quelque sconciatûra (fausse couche) honteuse à la France et d'aucun avantage. » Il croit que « la douceur d'Odescalchi » lui attirerait plus de voix que Yâge de Grimaldi n'en attirerait à celui-ci. Il énumère ensuite les avantages d'un pontificat de Grimaldi,

si sa pratique pouvait réussir, et il conclut ainsi : « J'avoue que je suis trop touché des inconvénienls que j'ai marqués ci-dessus pour n'en pas appréhender la conséquence, et pour ne pas demeurer dans le mien, qui est de ne hasarder pour chose du monde de rompre le col à Odescalchi, à moins que d'être assuré de celui que nous voudrons et que nous pourrons avoir en sa place. Si nous n'en voyons point de cette nature, comme jusques ici il ne m'en paraît point, et que l'on prenne par cette raison le parti de concourir à Odescalchi, il n'y a, à mon opinion, point de temps à perdre, tous les instants étant précieux. Ii y a longtemps que l'on est dans l'inaction dans le conclave, l'on continue à s'impatienter, et je suis persuadé qu'il n'y a pas un moment à perdre pour se déterminer; nous attendrons pour agir les sentiments de Votre Excellence1. »

Réponse du duc d'Estrées au cardinal de Retz, 15 septembre 1676 : — Le duc s'en rapporte au jugement de Leurs Excellences, mais il leur représente deux choses. « La première est que, quelque parti que l'on prenne, il faut bien prendre garde de ne tomber pas dans la nécessité de donner l'exclusion à Odescalchi, ce qui serait tout à fait contraire aux ordres du roi (?). La seconde est que, si l'on détermine à concourir à Odescalchi, d'y ménager tout ce qui sera possible pour la dignité du roi et pour mieux faire éclater le respect que l'on lui doit-. »

Avis du cardinal d'Estrées à M. l'ambassadeur, 16 septembre 1676 : — Des mots de la dépêche du roi, où il recommande de concourir à l'élection d'Odescalchi : « Si les dispositions sont telles qu'elles étaient pour lors, » il conclut a que, si c es mêmes dispositions ne se rencontrent plus, Sa Majesté ne prétend pas nous obliger à concourir uniquement au cardinal Odescalchi; » et il ajoute : « Pour moi, il me semble que les dispositions ne sont plus pa-

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