Md., t. CCLXVI, p
4. Ibid., p. 257-271, dépêche du duc d'Estrées au roi, le 8 octobre 1680.
auteur de ce bref, a-t-il « été deux jours sans oser parler au pape des affaires de France1.»
Sept jours auparavant, le 23 octobre, Servient raconta à M. de Croissy comment, à la cour du pape, la bonne foi manque au dehors et au dedans; selon lui, la faute en est à de Luca pour les choses de la chambre, et à Favoriti pour celles de la religion. « Ces deux ministres, ditil, ont les mêmes maximes, quoique désunis entre eux2.»
Dans un rapport du 12 janvier 1681, signé par l'archevêque de Paris et par le Père de La Chaise, les signataires, fondés sur les révélations du sieur de La Borde, de Pamiers, prièrent le roi de dénoncer au pape cette « cabale envenimée, » « cette intrigue où les principaux acteurs n'ont rien épargné pour semer la division entre le pape elle roi, puisqu'ils y ont employé argent, conseils, écrits, fourberies, impostures et mensonges ; » intrigue où ils ont « supposé des lettres et des miracles de feu M. de Pamiers, pour animer le zèle de Sa Sainteté à autoriser leurs pernicieux desseins3. » C'est à de telles extrémités qu'on avait recours dans le conseil de Sa Sainteté!
Bien que Servient ne se fît aucune illusion sur les principes de M. de Luca, principes qu'il disait être les mêmes que ceux de Favoriti, il chercha à utiliser la division de ces deux personnages, au profit de la France. La pensée lui vint d'unir de Luca et Cibo contre Favoriti, grâce à une liaison qu'il avait lui-même avec le principal confident de de Luca et avec le marquis Palavicini, maître de chambre du cardinal Cibo. Le 12 février 1681, il écrivit même à M. de Croissy qu'il y avait réussi4. Servient s'abusait : car de Luca, tout en détestant Favoriti, n'était pas homme à abandonner ses principes au profit du gallica-
1. Correspondance de Rome, t. CCLXIX, 2e suppl. de 1680, p. 244-247.