Correspondance de Rome, t. CCLXXXI, p. 1G
2. Le récit de cet entretien du pape et de Favoriti est dû à ServiL'iit, qui déclare le tenir de l'intime confident de Favoriti môme. Servient ajouta ici, en marge : « N. Il voulait faire entendre Ottobon, Asoline, Casanatta, sans les nommer. » (Ibid., p. oij-il .)
délivrés de l'opposition de la France; et que, si l'affaire n'était pas venue jusqu'à une séparation, ils sacrifieraient cet intérêt dans un conclave par des traités, même par écrit, pour établir leur pontificat sur les ruines de celui de Sa Sainteté. » Suit une accusation contre Favoriti, qui dut le faire bondir et que nous exposerons plus loin.
D'après une dépêche du duc d'Estrées au roi, datée du 8 juillet 1682, deLuca, combattu par Azzolini, Ottoboni, Casanatta et Favoriti, leur reprocha de « n'oublier rien pour exciter les pernicieux desseins qu'ils avaient, jusqu'à falsifier une écriture qu'il avait faite touchant la régale, en retranchant certains endroits et ajoutant d'autres raisons pour la rendre inutile et le décrier auprès de Sa Sainteté. »
Favoriti prit naturellement sa revanche, en excitant le zèle de ses agents et en communiquant au pape tous les renseignements qu'il reçut d'eux. La lettre hebdomadaire que Lauri envoyait de Paris joua un grand rôle dans ces intrigues. Le cardinal d'Estrées en écrivit au roi dans les termes suivants, le 16 juillet 1682 : « Celte lettre enragée qui vient toutes les semaines et que Favoriti porte toujours au pape, et qu'il a portée cette fois avec tant de hâte que celui qui m'en a donné des copies n'a pas eu le temps de le faire et ne m'en a donné qu'un extrait, et d'autres nouvelles que les cardinaux malentionnés envoient au palais, altérèrent tellement l'esprit du pape, que le cardinal Cybo dit, le samedi au soir, qu'il n'avait jamais vu Sa Sainteté dans une telle chaleur. »Le cardinal d'Estrées ayant été accusé par la cabale de ne pas représenter au pape les choses telles qu'elles étaient, ce cardinal « maintint que ceux qui le démentaient étaient des imposteurs1, » et il engagea Sa Sainteté à se prémunir contre eux. Le pape répliqua qu'il n'était, pas « un homme à se laisser raggirarèy c'est-à-dire gouverner. » — «Je lui répondis,