Ibid., t. CCLXXXI, 2» suppl. de 1682, p
pour des nouveautés, de vouloir suspendre son jugement... Sa Sainteté m'écouta fort attentivement, mais ne me témoigna approuver ni désapprouver ce que je lui disais l. » Cette impassibilité du pape en entendant une dénonciation aussi grave, ne peut-elle pas faire croire qu'il connaissait, lui aussi, ces falsifications?
Dans sa dépêche du 11 septembre, Servient compléta ainsi ces renseignements : « On fait ici des gazettes à la main de deux manières. Les unes, qu'on nomme secrètes parce que bs auteurs se cachent, la peine dont ils sont châtiés n'allant jamais moins qu'à la galère; les autres sont de même manuscrites, mais permises, à condition qu'on en porte trois copies au secrétaire des chiffres (Favoriti), qui en signe une après l'avoir corrigée ou augmentée, sur laquelle on fait toutes celles qui se répandent dans le public. Favoriti par négligence (?) ne corrige point les deux autres copies qui lui restent ; il en donne une pour la chambre secrète, et envoie l'autre à Sarsanne, lieu de sa naissance2. y> Servient mentionna aussi que le nonce de Turin, Masti, qui était neveu du cardinal Pio et ami de Favoriti, remplissait l'Italie et la cour de Rome de gazettes antifrançaises3; l'auditeur Lauri, à Paris, faisait le même manège, d'autres ailleurs, en sorte que les mensonges de la cabale étaient répandus partout.
Dans sa dépêche du 22 octobre, Servient raconta que Favoriti voulut alors publier un écrit venu de Flandre pour discréditer le cardinal de Luca, et que le cardinal Azzolini l'en détourna; que le pape brouilla le cardinal de Luca et le cardinal Allieri par le cardinal Casanatta ; que le crédit de Favoriti au palais augmentait sans cesse; que le pape lui promit positivement le cardinalat pour