‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 336 sur 473 · Le même au môme, le 30 octobre 1676 (ibid., t. CCXLVII · texte numérisé non relu

Le même au môme, le 30 octobre 1676 (ibid., t. CCXLVII

tion qu'elle s'était acquise en voulant abolir le népotisme ; que (( cet abbé était homme à faire ce discours au pape avec force, sans se soucier de ce qui en pourrait arriver ; qu'il avait de l'honneur et était sans intérêt1. » Même encore le 3 juillet 1678, le duc d'Estrées ne se doutait ni des intentions ni de la tactique de Favoriti; car ce jour-là, il manda au roi que ce prélat l'avait assuré que Sa Sainteté était très satisfaite de la manière dont l'ambassadeur de France en usait en toutes occasions, et qu'elle lui avait dit, à lui Favoriti, en parlant du roi de France : « Non e stato mai an principe simile, il n'y a jamais eu de prince semblable2. » Favoriti voulait donc se mettre dans les bonnes grâces du duc ambassadeur, en le flattant.

Séduit par tant de prévenance, le duc d'Estrées écrivit à Pomponne, le 19 du même mois, que, relativement à la sécularisation de l'abbaye d'Esnay, Favoriti avait témoigné une « bonne disposition3. » Encore en mars 1679, ce prélat voyait souvent l'abbé de Servient et lui parlait favorablement de l'évêque de Grenoble4. Cet évêque trouva en Favoriti un chaud protecteur, parce que Favoriti avait d'abord trouvé dans l'évêque un zélé serviteur. Afin de mieux tromper Servient, Favoriti affecta de n'être point choqué de l'arrêt du parlement de Paris sur la censure des soixante-cinq propositions; ce n'était pour Favoriti, disait-il, qu'une question de forme et non do fond 5 ; à l'en croire, il eût été moins Romain que le pape.

Cependant, le 9 janvier 1680, le voile commença à se soulever et les yeux du duc d'Estrées à se dessiller. Ce jour-là, en effet, écrivant, à Louis XIV, il traita Favoriti d' « homme fort caché6. » Favoriti conférait alors en

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