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FAVORITI. 423
secret avec un docteur Métayer, janséniste, moins dans l'intention de réhabiliter Jansénius que de combattre la politique antijanséniste de Louis XIV. Ce fut Favoriti qui inspira à Innocent XI ses brefs contre Charonne et ses brefs contre la régale. Autant il témoigna d'affection à l'évêque de Grenoble, autant il déploya de zèle à soutenir et à exciter l'évêque de Pamiers contre l'archevêque de Toulouse et contre Louis XIV, En février 1G80, de La Borde, ancien secrétaire de l'évêque de Pamiers, traita Favoriti « d'imposteur et de faussaire, » dans une lettre adressée au pape même l.
Pour dépister la diplomatie française, Favoriti remit au duc d'Estrées, le 9 avril, un décret de la congrégation consistoriale, daté du même jour et favorable à l'abbé Colbert comme coadjuteur de Rouen. Cette faveur, qui devait être si précieuse aux Colbert, devait aussi servir à masquer les batteries hostiles du pape et de la camarilla. Favoriti ne manqua pas de faire ressortir au duc le prix de cette gracieuseté, et le duc, en l'annonçant au roi, loua fort son zèle en cette affaire2. Favoriti, en mai, alla jusqu'à désapprouver devant le duc d'Estrées le bref sur la régale; il dit qu'il n'y avait eu aucune part, et il en rejeta la responsabilité sur le prélat Spinola, secrétaire des brefs. Le duc, croyant à peu près à la sincérité de cette désapprobation, écrivit le 1er juin à Sa Majesté : « J'ai quelque sujet de croire qu'effectivement il dit en partie la vérité, et qu'il n'y a pas eu tant de part qu'à beaucoup d'autres3. » Mais, pendant ce temps, il en préparait d'autres plus hostiles encore: le 6 juillet, il en lut même deux confidentiellement à un nommé Dorât, qui les jugea assez violents pour amener une rupture entre les deux cours 4.