Dépêche du 9 avril \QS0\ibUL, t. GCLXV, p
1. .Mémoire du Père Gambolas, le 9 juillet \6%0(ibid.,t. CCLXVI, p. 58-75).
« Ce Favoriti, écrivit Servient le 22 mai 1680, a commerce de lettres à droiture avec plusieurs de nos évêques l. » Il était, en effet, l'àme de toutes les intrigues ourdies à Rome et en France par le parti ultramontain ou antigallican, et il fortifiait chaque jour « la cabale » dans ses audaces et ses desseins subversifs. Les dépêches de juin disent qu'il avait en inimitié les maisons Chigi et Rospigliosi, M. de Luca, le cardinal Cibo, etc.; qu'il était « un janséniste public; » qu'il entretenait en effet un commerce ouvert avec les jansénistes; qu'il avait une correspondance avec Arnauld, au su du pape qui faisait toujours mettre dans ses lettres qu'il se recommandait à ses bonnes prières2. C'est Favoriti qui, en juillet, excita toute l'affaire du bréviaire de Paris contre l'archevêque de cette ville3; il était, selon Servient, comme « une table d'attente pour toutes sortes de mauvaises impressions4. » « On doit se défier de M. Favoriti plus que de personne, écrivit encore Servient; car, sous l'apparence de zèle pour le saint-siège, il cache un désir de vengeance contre la France, si puissant dans les Italiens, que, quand il s'est établi dans leurs cœurs, il est capable de les tromper euxmêmes s. »
Innocent XI eut en Favoriti la plus entière confiance, et il disposa plusieurs brefs avec lui, en dehors même du cardinal Cibo et du prélat Slusius, chargé cependant de l'expédition des brefs. Parlant de trois récents brefs adressés à l'archevêque de Toulouse, au grand-vicaire de Pamiers et au couvent de Charonne, le duc d'Estrées dit au roi, le 8 octobre 1680 : « Ce sont apparemment des résolutions prises entre le pape et M. Favoriti 6. » Loin de