‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 340 sur 473 · Ibid., t. CCLXXIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXIII, p

contre ses intérêts. » Quelques jours auparavant, cemême cardinal avait lu au pape le mémoire de de La Borde contre Favoriti *, mais autant en avait emporté le vent; attaquer Favoriti auprès du pape était peine perdue. Après cette audience où le cardinal avait longuement et gravement conféré avec le pape, celui-ci s'entretint et se concerta pandant deux heures avec Favoriti ; et le cardinal Cibo, secrétaire d'Etat, ne vit Sa Sainteté que le lendemain soir. Favoriti était l'homme nécessaire, le conseiller intime et indispensable, l'œil même du pape; Cibo était relégué au second plan.

Quelques jours après, le duc d'Estrées représenta au pape toute la méchanceté de Favoriti, lui rappela le mémoire que le cardinal d'Estrées lui avait lu et dans lequel ses fourberies étaient dévoilées; il ajouta qu'il était chargé par Sa Majesté de dire à Sa Sainteté que laisser à un tel homme la connaissance des affaires de France, « c'était mettre une épée dans les mains d'un furieux. » Le pape lui répondit que Sa Majesté « ne pouvait pas trouver mauvais qu'il se servît des personnes qu'il avait auprès de lui ; » puis il défendit les intentions de Favoriti, Favoriti l'ayant « assuré qu'il priait Dieu tous les jours, à la messe qu'il disait, pour la conservation de Sa Majesté 2. » Servient signala de nouveau à Croissy, le 28 février, l'hypocrisie de Favoriti, qui, dit-il, ne se rapprochait de nous que pour couvrir son jeu contre nous. Selon Servient, l'entremise des Italiens dans les affaires de France, ne pouvait que nuire aux Français, parce que les Italiens avaient plus d'avantages à soutenir la cour de Rome que celle de France 3.

Louis XIV, indigné de cette conduite, écrivit au duc d'Estrées trois lettres consécutives, datées les deux pre-

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