‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 341 sur 473 · Ibid., t. CCLXXV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXV, p

FAVORITI. 4-27

niières de Saint-Germain (7 mars et 4 avril 1681), la troisième de Saint-Cloud (18 avril), et dans lesquelles il exhala son ressentiment. On lit dans la première : « L'insolence de l'abbé Favoriti est montée à un si haut point qu'il n'y a plus que la juste punition qu'il mérite qui en puisse arrêter le cours ; et comme il est d'une nécessité absolue pour le maintien d'une bonne intelligence entre le saint-siège et moi, et par conséquent pour le bien de toute l'Église, de l'ôter au plus tôt du lieu où il est, je serai bien aise que vous concertiez les moyens de l'en retirer et que vous me donniez vos avis sur ce sujet; mais n'exécutez rien sans mes ordres *. » Dans la seconde il est dit : « Quant h la nomination d'une personne pour conférer avec mon cousin le cardinal d'Estrées, le refus qu'en fait Sa Sainteté fait assez voir que les mauvais conseils de Favoriti ont encore plus de pouvoir sur elle que la droite raison 2. » Dans la troisième, le roi marqua son étonnement de ce que le pape maintenait un tel ministre, nonobstant la connaissance que le duc d'Estrées lui avait donnée des faussetés, des mensonges, des fourberies et des noires méchancetés de ce ministre indigne 3.

Le 18 mars, le duc, dans sa dépêche à Louis XIV, appela Favoriti un «c scélérat, » un « abominable homme*. » La dépêche du 29 contient des détails très intéressants que l'on peut résumer ainsi : — L'auditeur de la nonciature de Paris, Laury, ayant envoyé à Piome une dépêche qui résumait le fameux mémoire de La Borde contre Favoriti, celui-ci, comme secrétaire des chiffres, le lut d'abord, puis le remit au cardinal Cibo en l'assurant « qu'il ne savait pas ce que l'on voulait dire, » comme s'il apprenait ces choses pour la première

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