Ib id., t. CCLXXV, p
FAVORITI. 431
pape ne répondit rien ' ; mais , quelques jours après, il fit dire au cardinal d'Estrées, par le cardinal Cibo, qu'il désirait que le duc d'Estrées ne lui parlât plus deFavoriti, « qui était un ministre onorato e fidato ; j> Sa Sainteté, qui aimait le duc, ne voulait pas avoir de contestation pénible avec lui sur ce point. Mais le cardinal d'Estrées répondit à Cibo qu'il refusait de faire cette commission. « On prétend, écrivit le duc le 23 avril, que Sa Sainteté a témoigné qu'il serait contre son honneur qu'elle l'abandonnât, quand même toutes les choses qui lui ont été dites contre Favoriti seraient véritables 2. »
Sur ces entrefaites, il fut question que le pape nommerait un député pour traiter de la régale avec le cardinal d'Estrées; mais Favoriti fit tous ses efforts pour en détourner le pape, afin qu'il pût toujours lui-même embrouiller cette affaire, qu'il ne semblât pas baissé dans l'estime et les faveurs de Sa Sainteté, et qu'il pût aussi faire le jeu des Espagnols en traînant ce débat en longueur. Le 29, le duc d'Estrées manda à Louis XIV qu'on était, à Rome, si irrité contre Favoriti, qu'on avait dit dernièrement, dans l'antichambre du pape, en le voyant passer, a qu'il mériterait d'être jeté par les fenêtres. » « Il y a des gens, ajouta le duc, qui croient qu'il a reçu de l'argent pour agir comme il lait 3. »
Favoriti choisit l'église neuve pour y tenir ses réunions avec les jansénistes. C'est là aussi qu'il vit M. Dirois, secrétaire du cardinal d'Estrées. Dirois espérait sans doute, sinon le convaincre des droits du roi dans la régale, du moins le modérer. Mais Servient fut d'abord d'un avis opposé; il blâma ces relations quotidiennes de Dirois avec les Pères de l'église neuve; il estima que, si l'on voulait essayer de gagner quelqu'un, ce devrait être le cardinal Azzolini,qui avait intérêt à se rapprocher de la France en