‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 345 sur 473 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

vue du pontificat, et non pas Favoriti, qui, en vue du cardinalat, ne songeait qu'à se couvrir d'éclat aux yeux du pape l.

Favoriti ne laissa pas les accusations de de La Borde sans réponse auprès du pape. Servient estima que cette réponse pouvait avoir des répliques, mais que l'impossibilité où étaient les Français de révéler les noms des personnes qui les renseignaient confidentiellement, rendrait difficile l'usage que l'on voulait faire des dépositions de de La Borde contre les Italiens mêlés dans cette intrigue2.

Dans sa dépêche du 13 mai, le duc d'Estrées raconta à Louis XIV ce qui s'était passé dans sa dernière audience. Le duc dit au pape que, pour exécuter les ordres de Sa Majesté, il devait encore lui parler de Favoriti; il lui rappela, à ce sujet, que don Mario, frère d'Alexandre VII, avait été renvoyé de Rome et qu'il n'y était rentré qu'avec l'agrément de Sa Majesté. Le pape, tout en changeant de visage, prit la défense de Favoriti et répondit au duc : « E un huomo honorato, qui nous a très bien servi, et il n'a rien fait que de concert avec nous que nous ne lui ayons ordonné; et toutes (choses) opposées pour le sieur La Borde, le traitant pour le moins autant de fois qu'il avait loué Favoriti, de fripon, de menteur et de méchant homme ; qu'il était bien dur que l'on ne voulût pas qu'il se servît de ses ministres. » Le pape ajouta qu'il devrait être plutôt cru par Sa Majesté que le sieur La Borde. Le duc répliqua comme il l'avait déjà fait précédemment 3. Après son audience, il entretint le cardinal Cibo, qui lui dit que tout le mal venait d'Azzolini, de la reine de Suède et de Favoriti.

Vers le même temps, le bruit courut à Rome que le cardinal Azzolini recevait de l'argent des Espagnols « pour

1. Deux dépêches de Servient à Croissy, le 30 avril 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXV, p. 227-237).

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