‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 346 sur 473 · Ibid., t. CCLXXI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXI, p

FAYOKITI. 433

le donner à Favoriti. » Servient, qui voulait à cette époque gagner Azzolini, écrivit à Croissy que cette accusation contre Azzolini ne lui paraissait pas vraisemblable, mais il ne put se dispenser de la rapporter comme un fait !. Le 11 juin, à propos de cette tentative de gagner Azzolini à la faction de France, Servient ajouta : « J'ai proposé à M. le cardinal d'Estrées de tenter de même Favoriti sans recherche et sans affectation. On en doit examiner les moyens et agir ensuite ou non, selon qu'il sera à propos : car, quoique Favoriti se croie assuré du cardinalat si le pape fait la promotion, il n'est ni assez aveugle ni assez mal informé pour ignorer les scrupules du pape sur la promotion en général 2. »

Les faits démontrèrent que Servient s'abusait et que toute concession de la part de la camarilla était impossible. Les intrigues de Favoriti avec l'abbé de Saint-Martin contre la régale furent notoires; je les exposerai en traitant des affaires de France. Elles étaient tellement connues qu'on appelait Favoriti dans Rome, par dérision, « le cardinal de la régale;» on voulait indiquer par là que cette campagne qu'il avait faite contre la régale n'était qu'une chasse au chapeau. En attendant ce chapeau, Favoriti demanda au pape, en juin 1681, un canonicat de Saint-Pierre, que l'on disait destiné par Sa Sainteté à un autre candidat 3. Vers ce même temps, une personne qui voyait assez souvent le pape, dit au duc d'Estrées « que l'on pouvait compter pour certain que Favoriti était déchuauprès de Sa Sainteté, qu'il y avaitbeaucoup d'apparence que Sa Sainteté ne ferait plus rien contre la France, et qu'avec un peu de temps et de patience Sa Majesté pourrait obtenir bien des choses du pape, par la crainte qu'il avait d'elle, non pas qu'elle lui déclarât la guerre,

1. Dépcchedu 31 mai 1G81 (Correspondance de Rome, t. CCLXXV, p. 28â-299).

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