‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 347 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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3. Le duc d'Estrées au roi, le 10 juin 1681 (ibid., t. CCLXXT, p. 396-108).

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mais qu'elle fît des choses, comme elle le pourrait bien aisément, qui l'empêchassent de reposer la nuit, ce que Sa Sainteté appréhendait. » Cette version paraissait si peu fondée que le duc n'en fit pas grand cas ; on peut du moins le conclure de sa dépêche du 17 juin, dans laquelle il répéta, malgré le dire de cette personne confidente du pape, que le pape « s'était abandonné à un scélérat et ignorant comme Favoriti *.»

Fidèle à son expédient ordinaire, Favoriti simula de la modération. Se sentant alors en danger du côté de la France etse doutant peut-être que le pape ne voudrait pas se brouiller complètement avec Louis XIV par sa nomination au cardinalat, il dit tout le bien possible de Sa Majesté, à ce point que le duc d'Estrées crut qu'en effet il n'était plus aussi bien avec le pape2. Mais, le jour même où le duc exprimait cet avis, Servient écrivait à Croissy que Favoriti conseillait au pape « de devenir idole sans sentiments sur la chaire de Saint- Pierre comme son prédécesseur.3 » Lui aurait-il donné un tel conseil, s'il eût voulu se rapprocher de la France? Evidemment non. Le pape oscilla, il est vrai, entre ses conseillers, penchant tantôt du côté de Favoriti etd'Azzolini, tantôt du côté de de Luca et de Cibo ; c'était sa tactique pour les stimuler et pour les dominer plus aisément. Mais de là à une rupture, il y avait loin. Ils étaient eux-mêmes d'accord entre eux pour incliner tantôt à la modération, tantôt à la fermeté, selon les circonstances; ils jouaient leurs rôles et feignaient descolères réciproques, qui trompaient les crédules de la galerie, mais qui n'avaient rien de fondé. C'est ainsi que l'abbé delaPérouze remit au cardinal d'Estrées un mémoire que ce cardinal expédia à Louis XIV avec sa dépêche du 3 juillet : cet abbé se disait chargé par le

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