Dépêche du 2 juillet 1681 {ibid., t. CCLXXVI, p
FÀVORITI. 435
prélat Palavicini d'assurer le cardinal d'Estrées que Favoriti déplorait les difficultés quis'étaient élevées entre un si saint pape et un si grand roi, et que Dorât, de son côté, voudrait aussi travailler à un accommodement; « le prélat Palavicini, poursuivait de la Pérouze, croit qu'il ne faut rien négliger et attendre de plus grandes assurances, il a parlé sur ce fondement pour ne pas rebuter l. »
Le duc d'Estrées ne tarda pas à s'apercevoir qu'il avait été dupe de sa bonne foi et qu'au fond le pape et Favoriti étaient toujours au mieux. « Les audiences que Sa Sainteté lui donne, écrivit-il le 15 juillet, ne sont pas moins fréquentes ni moins familières que par le passé... On veut aussi que Favoriti soit autant envenimé que jamais sur les affaires de France, ce qu'il est aisé de croire, tant par les avis et instructions qu'il reçoit continuellement des jansénistes que par son ressentiment particulier et celui de Casoni, son neveu, de n'avoir pu être agréé pour le poste de l'auditeur Laury, auquel apparemment Favoriti n'avait songé que pour entretenir plus sûrement et avec plus de succès ses commerces avec ces esprits fâcheux, qui l'ont gagné et préoccupé au point où il le paraît2. »
Le 24 du même mois, Servient avertit Croissy que le pape avait refusé à Favoriti le canonicat de Saint-Pierre demandéparce prélat; que ce n'était pas là une défaveur, attendu que Favoriti avait été assez puissant récemment pour obtenir du pape un canonicat pour son parent le comte Casoni, et un autre pour un de ses commis ; qu'au contraire, c'était une preuve que le pape lui destinait une distinction supérieure, évidemment le cardinalat; qu'il en avait été ainsi d'Azzolini, qui, étant simple secrétaire des chiffres, s'était vu refuser avec joie un canonicat qu'il avait demandé à Innocent X, et qui en avait reçu quelque temps après le cardinalat3.