‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 350 sur 473 · Ibid.lt. CCLXXVI, p · texte numérisé non relu

Ibid.lt. CCLXXVI, p

FAV0RIT1. 437

l'affirma au cardinal d'Estrées. Mais n'était-ce pas une ruse concertée entre don Livio, Cibo et le pape, pour calmerles d'Estrées envers Favoriti et pour dissimuler ta leur yeux son influence auprès du pape? « Je m'étais bien préparé, écrivit le cardinal d'Estrées, à m'étendre (au consistoire) contre Favoriti, si le pape l'eût fait cardinal, mais je n'ai pas été en cette peine1. »

Favoriti dit à un ami de l'abbé Servient « qu'il n'avait été exclu de la promotion que par la crainte que le pape avait d'irriter Sa Majesté. » Comme cet ami, qui était aussi ami de Favoriti, prit occasion de cet échec de Favoriti pour l'engagera s'accommoder avec la France, Favoriti lui répliqua que, « ayant affaire à V homme du monde le plus défiant, s'il donnait des conseils plus modérés, il pourrait croire que le dé sir d'éviter un tel obstacle lui faisait prendre ces tempéraments, et qu'ainsi il ne savait à quoi se résoudre2. » Était-il bien vrai que Favoriti ne savait àquoi se résoudre? Il pouvait le dire à un ami de Servient; mais, dans le fond, sa parole à don Livio « qu'il ne changerait pas, » était plus exacte. Le pape, pour le dédommager quelque peu, lui accorda la pension de participant qui se donnait à quelques camériers secrets, pension que de Luca touchait et que Favoriti n'avait pas encore pu obtenir3. Favoriti était si peu disposé à la conciliation, qu'il fit accorder, au mois d'octobre, à l'augustin Vanec (sic) une des charges rendues vacantes par la promotion du cardinal Lauria ; or ce Vanec était un des plus fanatiques ennemis de la France; c'est lui qui avait entrepris de faire censurer le procèsverbal de l'archevêque de Reims4.

1. Dépêche au roi, le 1er septembre 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXIV, p. 245-258).

2. Le cardinal d'Estrées au roi, les 10 et 15 septembre 1681 (ibid., p. 262-305).

Page 1