Ibid
4. Servient à Croissy, le 29 octobre 1681 (ibid., t. CCLXXVI, 226-231).
Le duc d'Estrées donna une nouvelle preuve de la constante union du pape et de Favorili. Dans sa dépêche du 22 octobre, il rendit ainsi compte à Louis XIV de sa dernière audience. Parlant de Favorili, il dit au pape : « Saint-Père, si M. le cardinal Odescalchi a fait chasser le cardinal Impérialepour l'affaire de M. le duc de Créquy, comment, présentement qu'il est le maître, n'en veut-il pas user de même à l'égard d'un homme si inférieur en toutes choses au cardinal Impériale? Et si Votre Sainteté ne l'a pas voulu chasser, pourquoi, Saint-Père, au inoins ne lui a-t-elle pas ôté la connaissance des affaires de France? Je continuai en disant qu'il avait des communications très fréquentes et intimes avec les Espagnols et avec le confident du marquis del Carpio; qu'il était certain qu'un ecclésiastique, domestique de Favoriti, en avait été gagné par argent ; que je ne savais pas si c'avait été à l'insu ou avec la participation de son maître;... qu'il avait écrit aux jansénistes que Sa Sainteté ne donnerait point de bulles au nommé à l'évêché de Pamiers, en se vantant que ce serait lui qui l'empêcherait. » Le pape répondit qu' « il n'aurait pas été raisonnable de châtier un homme qui n'avait pas manqué et qui n'avait agi que par ses ordres1. »
Le 19 novembre 1681, le duc d'Estrées avertit Louis XIV que l'ambassadeur d'Espagne avait donné à Favoriti une pension qui venait de vaquera Sainte-Marie- Majeure, dont il était chanoine2. Cette intimité avec le parti espagnol prouve qu'il n'était pas sincère en témoignant d'un désir d'accommodement avec la France ; il osa écrire vers ce même temps à l'évêque de Grenoble que, si l'expédition des bulles de Pamiers ne se faisait pas, la faute en était au cardinal de Luca et non pas à luimême ; or, il était notoire qu'il avait toujours combattu
: 1. Le duc d'Estrées au roi, le 22 octobre 1G81 (Correspondance de Home, t. CCLXXII, p. 275-310).