‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 354 sur 473 · Le même au môme, le 8 avril · texte numérisé non relu

Le même au môme, le 8 avril

FAVOUITI. 441

fait hostile à la France 4;et, le 7 mai, il indiqua quelques preuves péremptoires de cette hostilité 2. Aussi Favonti était-il avec Azzolini plus puissantque jamais ; ils menaient le pape à peu près à leur gré dans la question de la régale. Le 4 juin, Servient écrivit encore à Croissy « que de Luca s'élait plaint en secret à un de ses intimes amis de cette fatalité et du grand pouvoir en ces matières que le pape accordait aux plus brouillons de cette cour3; » il entendait parler de Favoriti et d'Azzolini. Le cardinal d'Estrées était donc mal renseigné, lorsqu'il écrivait au roi, les 10 et 25 juin, que Favoriti était abattu de la suspension des affaires de France, qu'il n'était plus aussi bien extérieurement avec le pape, et que Dorât n'avait pas eu d'audience depuis trois semaines4. Le cardinal d'Estrées s'abusait d'autant plus que, le 15, lendemain du jour où il était convenu avec le pape de la suspension des affaires, le pape dit à Favoriti que les arguments du cardinal d'Estrées ne lui avaient fait aucune impression, qu'il estimait toujours la fidélité de ses conseillers, particulièrement celle de Favoriti, « à laquelle il saurait bien à temps accorder la récompense méritée, » et que, s'il avait accepté la suspension des affaires, c'était pour gagner du temps et mieux réfléchir, mais non pour accepter les propositions de la France 3.

Le pape tenait donc toujours à Favoriti, et cependant, quelques jours auparavant, le cardinal de Luca avait essayé de ruiner ce dernier dans l'esprit de Sa Sainteté. « On disait, lui raconta de Luca, que l'objet de Favoriti avait été de contenter sa passion contre la France, qui l'avait en plusieurs rencontres menacé de coups de bâton pour le châtier des vers et des satires qu'il avait faits

Page 1