Ibid., t. CCLXXXIII, p
5. Servient à Croissy, le 25 juin 1682 (ibid., t. CCLXXXI, p. 36-47).
contre elle; de purger sa réputation passée de quelques vices d'impureté par cette fausse apparence de zèle, et de s'élever au cardinalat «à la faveur d'une rupture, selon la maxime des papes de ne pas laisser leurs ministres exposés aux ressentiments d'une couronne; qu'il n'assurait pas qu'il eût de telles vues, mais qu'on en parlait si publiquement dans Rome, dans toute l'Italie et en France, et de sa prétendue intelligence avec les Espagnols sur ce dessein de faire naître une rupture et de fomenter des ligues pour troubler la chrétienté, que, si Sa Sainteté pouvait se déguiser et entendre les particuliers, elle en serait elle-même surprise ; ce qu'il ne disait dans aucun dessein de lui nuire, mais pour l'informer simplement de ce qui était si répandu dans le monde L. »
Malgré ces accusations et d'autres encore que j'ai citées au chapitre de la curie, le pape donna à Favoriti une pension. Mais, pour ne pas froisser outre mesure la faction de France, Favoriti fit. dire publiquement qu'il était partisan de l'ajustement; et la raison qu'il en donna à son confident, « c'est qu'il trouvait depuis quelques jours flans Sa Béatitude plus de véritables dispositions à un ajustement qu'il n'y en avait jamais eu, » et qu'il voulait <( être prêt à tout événement. » — « Il n'y a, lui dit-il encore, que des scélérats et des gens sans honneur, sans conscience et sans jugement, qui puissent penser à lui persuader de retarder pour un moment l'ajustement avec la France2. » En même temps que Favoriti et le pape répandaient dans le public ces bruits de conciliation, ils se concertaient plus que jamais pour empêcher toute conciliation. « Favoriti, écrivit Servient le 23 juillet, a tous les jours de plus fréquentes audiences de Sa Sainteté ; il en a même eu deux ce matin avant la congrégation du