Correspondance de Rome, t. CCCLXXXI, p
2. Le même au même, le 2 juillet 1682 (ibid., t. C CL XXXI, p. 60-64).
FAVORITI. 443
saint office. » Celait à cette époque qu'il faisait ses visites de nuit, travesti, à don Livio, à de Luca, à Gibo et à Spinola l. Et tout en visitant ainsi de Luca, il disait de lui le plus de mal possible; de Luca défendait aux expéditionnaires de payer les décrets consistoriaux, et, malgré cette défense, Favoriti continuait à toucher cinq pistoles par décret 2. Le pape supprima alors ces cinq pistoles, mais promit le cardinalat ta Favoriti, d'après le dire de ses amis3.
Favoriti fit si bien, de concert avec Azzolini, que la tendance modérée de Gibo et de de Luca échoua, que la suspension fut tournée, le cardinal d'Estrées joué de nouveau, et les affaires de France de plus en plus compromises. Le cardinal d'Estrées montra, en août, une grande colère contre le palais et demanda au pape d'exclure Favoriti et Azzolini de toute négociation concernant la France1 : il n'oubliait qu'une chose, c'est que, dans de pareilles circonstances, le pape avait toujours répondu que Favoriti, en se conduisant de la sorte, n'avait fait qu'obéir aux ordres de Sa Sainteté.
Le duc d'Estrées répéta la même chose au pape dans son audience du 16 août, et il s'entendit aussi faire la même réponse. Racontant cette audience à Louis XIV, le duc s'exprima ainsi en ce qui concernait Favoriti : « Après avoir fait connaître à Sa Sainteté qu'il n'y avait point de nouveauté (du côté de la France), je lui dis que nous l'assurions, M. le cardinal d'Estrées et moi, qu'il n'y en aurait pas, et que nous lui demandions une grâce qu'il ne nous pouvait refuser, que, si le cardinal Azzolin et Favo-