Ibid., p
revenir. » C'est du moins don Livio qui l'assura au cardinal d'Estrées1.
Le lor septembre, Luca fut nommé cardinal. Le pape, voyant que lu jeu de ce ministre avait du succès auprès des d'Estrées et qu'il était à même désormais de gagner leur confiance, de les amuser dans des négociations prolongées et de venir à la rescousse de Cibo plus ou moins ébranlé, comprit qu'en le nommant cardinal, il augmentait encore son crédit auprès de la faction de France, ce qu'il n'eût pas fait en nommant Favoriti. Tel fut sans doute un des motifs de cette nomination. Elle persuada en tout cas le cardinal d'Estrées que Luca « prévalait de beaucoup clans l'esprit du pape » sur Favoriti, ce qui ne paraît pas exact. Le jour même de la promotion, le cardinal d'Estrées, trop optimiste, écrivit à Louis XIV : « Celui de tous sur lequel je fais le plus de fondement est le cardinal de Luca2. » Le 17 du même mois, après avoir rendu compte au roi de sa dernière audience, le duc d'Estrées ajouta : « J'informai ensuite M. le cardinal Çibo de ce qui s'était passé entre Sa Sainteté et moi, qu'il fallait qu'il fit avec M. de Luca, dont les intentions étaient très bonnes, ce qui se pouvait faire pour surmonter l'opiniâtreté du pape si peu fondée... Il me répondit que de Luca et lui étaient très bien concertés pour l'accommodement de celle de la régale, qu'ils n'y oublieraient rien de ce qui pourrait dépendre d'eux3. »
Donc les d'Estrées, à cette date, avaient foi au cardinal de Luca. Le cardinal d'Estrées le croyait d'autant plus en faveur auprès de Sa Sainteté, qu'elle ne s'était expliquée sur la promotion avec Çibo que le soir du samedi 29 août, tandis que dès le vendredi elle avait
1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 11 juin 1681 (Correspondance de Rome, t. CCLXXIII, p. 420-429).