Ibid., t. GCGIII, p
ment sous la pression de Casoni1. Ce fut Casoni qui mena toute la campagne dirigée contre l'ambassadeur Lavardin. Aussi Lavardin le traita-t-il d'insolent et de misérable2. Casoni, se sentant maître des foudres du Vatican, affecta du dédain envers le nouvel ambassadeur, qu'il appelait un excommunié et un schismatique, et qu'il croyait déshonorer ipso facto par de telles qualifications.
Le 28 décembre, Lavardin dépêcha à Louis XIV que la mesure était comble, que le pape était complètement à la merci de Casoni, et que celui-ci était « un démon enragé et forcené3. » Le 30, le cardinal d'Estrées engagea le roi à faire « un grand et prompt exemple, surtout dans les personnes des infâmes conseillers du pape, » parmi lesquels il cita Casoni en première ligne4. Le désir du cardinal d'Estrées était que le roi fît enlever Casoni et qu'il le fît mener en France.
Casoni eut sans doute vent de ce qui se préparait, et en janvier 1688, il s'empressa de faire remarquer à Sa Sainteté qu'il n'était plus en sûreté à cause de son dévouement au saint-siège; c'était insinuer habilement à Sa Sainteté qu'elle devait le protéger, le mettre à l'abri de ses ennemis, c'est-à-dire le couvrir du cardinalat3. C'était là sa plus chère ambition. « Casoni, écrivit Lavardin, compte d'élever sa fortune par le trouble qu'il cause et par le désordre qui commet toute la chrétienté6... Il compte que chaque insolence qu'il fait (à la France) est un degré au cardinalat7. »
Le cardinal d'Estrées avait quelque avis que ce prélat