Ibid., p
tion des décimes d'Espagne et dans celle des franchises des ambassadeurs. Le duc envoya avec joie à Louis XIV le bonne nouvelle de cette approbation du secrétaire d'Etat de Sa Sainteté1.
Cependant toutes ces petites ruses finirent par perdre leur efficacité première, et en décembre le duc d'Eslrées commença à se douter de l'attitude équivoque du secrétaire d'Etat. Ce fut à propos de l'édit du 27 juillet sur les immunités. Le duc fit part à Cibo d'une information qu'il avait reçue, à savoir, « que lui (Cibo), le gouverneur de Rome, M. de Luca et M. Favoriti, s'étaient assemblés pour résoudre si l'on publierait l'édit, et qu'il avait été l'un de ceux qui avaient opiné plus fortement pour le faire. » Or, on se souvient que Cibo avait dit expressément au duc n'avoir pas été informé de cet édit. « Sur quoi, ajouta le duc, il me fit toutes les protestations possibles que, bien loin que cela fut vrai, il s'y était opposé autant qu'il avait pu, ne jugeant pas que cela fût convenable, principalement dans la conjoncture présente2. » Dans sa dépêche du 18 janvier 1678, le duc ayant réclamé auprès du pape et de Cibo la suspension des décimes d'Espagne, remarqua que Cibo, qui avait tant blâmé cette mesure précédemment, n'avait pas voulu cette fois se déclarer pour cette suspension3. En mai, Servient remarqua aussi que Cibo avait des conférences la nuit chez don Livio et qu'on méditait diverses résolutions, ce qui prouvait que Cibo n'était point aussi à l'écart de la camarilla qu'il le disait 4 ; en août, Servient avertit encore que Cibo se concertait même avec Altieri5.
Néanmoins Cibo touchait toujours sa pension de France.