Dépêche du 13 août 1678 (ibid., t. CCLVII, p
Dans une lettre datée du 4 août 1678, le duc d'Estrées demanda à Pomponne ce qu'il devait faire de la lettre de change de 1091 pistoles que M. de Colbert lui avait envoyéequelque temps auparavant; et, dans une lettre datée du 5, Pomponne manda au duc que cette somme devait servir au payement d'une année de la pension du cardinal Cibo1. En retour de cet argent sonnant, Cibo ne donna jamais de solution positive, mais seulement des promesses plus ou moins vagues, fondées sur l'assurance de sa bonne volonté. Par exemple, en septembre 1678, lorsqu'il vit que Louis XIV commençait à s'impatienter à propos de l'affaire des urbanistes, il dit au duc d'Estrées qu'il allait chercher un expédient avec des personnes intelligentes pour que le roi n'eût pas à se plaindre du pape2 ; et quand le duc lui indiqua la solution, il répondit que le pape était désolé à en mourir, mais que sa conscience ne lui permettait pas de l'accepter, parce que ce serait renverser les constitutions de l'ordre entier de Saint- François 3.
D'autre part, il est certain que Cibo, qui se disait si lié par le pape, avait ses coudées très franches, et que, loin de modérer les nonces qu'il accusait d'opinions extrêmes dans ses conversations avec le duc d'Estrées, il les excitait lui-même à la violence. Le nonce de Venise s'en plaignit lui-même à l'abbé Melani dans trois lettres datées des 2 et 9 juillet, et du 8 octobre 1678; le texte italien en est aux archives, et c'est sans doute l'abbé Melani lui-même qui a analysé ainsi la deuxième' et la troisième : « La seconde lettre fait connaître que le cardinal Cybo veut que les nonces exécutent à la lettre ses ordres, quoiqu'ils trouvent suivant les occurrences qu'ils soient trop forts et trop violents et qu'ils puissent produire de mauvais effets, comme il est arrivé au sujet de la présente lettre