‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 390 sur 473 · Correspondance de Rome, t. CCLVII, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLVII, p

2. Le duc d'Estrées au roi, le 6 septembre 1678 (ibid., p. 240-249).

3. Le même au même, le 11 octobre 1678 (ibid,, t. CCLVIII, p. 34-39.

qui a causé la rupture qui continue encore entre le pope et cette république (de Venise)... On pourra tirer de la troisième lettre la conséquence que, à l'égard des princes et des affaires étrangères, il dépend absolument aujourd'hui du cardinal Cybo de donner au pape les impressions qu'il veut, et de ne lui faire savoir que ce qu'il juge à propos pour aller à ses fins, puisque les mêmes nonces du saint-siège (ceux de Paris et de Venise) l'avouent et se plaignent du malheur qu'ils ont que Sa Sainteté ne voit jamais leurs dépêches. » Cette troisième lettre dit expressément : « 77 papa non vede mai i nostri dispacci esta in mano del primo ministro il rappresentargliene il tenore1. »

A mesure que Cibo sentait qu'il prenait pied davantage dans la confiance du duc d'Estrées, il devenait plus hardi, non pas, il est vrai, avec le duc même, mais avec Servient. Celui-ci écrivit en effet à Pomponne, le 4 janvier 1679, que la veille le cardinal Cibo, lui parlant des archevêques de Toulouse et de Paris, les avait fort blâmés2 ; en parlant au duc, Cibo se borna à se plaindre des événements de Toulouse3. Malgré tout, le duc, facile à satisfaire, manda à Louis XIV, le 15 février, que Cibo était dévoué aux couronnes et surtout à Sa Majesté.

Vers le 5, Cibo tomba malade d'une mauvaise fièvre, et cette maladie révéla plus d'un sentiment à son égard, en découvrant d'autre part ses véritables amis. Dans sa dépêche du 15, le duc d'Estrées s'exprima ainsi : « Sa Sainteté a témoigné beaucoup de tendresse pour lui et beaucoup d'inquiétude de son mal ; elle fut hier le voir; elle demeura une demi-heure avec lui et toujours en larmes, quoiqu'on lui eût représenté qu'il était à propos qu'elle dissimulât sa douleur autant qu'elle pourrait 4. » Le 22 , le duc ajouta que le pape avait dit au malade « qu'il

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