Ibid., t. CCLXXI, p
les dépêches de ses nonces; dont il s'ensuit que, s'il n'a pas assez de crédit pour en obtenir des grâces, pour le moins il dépend de lui de donner à Sa Sainteté les impressions qu'il veut1. » En sorte que la responsabilité des entraves dont souffrirent les affaires de France, devrait retomber, non pas seulement sur le pape et sur ses conseillers « malintentionnés, » comme disait Cibo, mais aussi sur lui-même. Cibo eut vent de ces accusations dirigées par l'abbé Melani contre lui; et, le 25 septembre de la même année, il écrivit à Golbert de Croissy, d'abord pour l'avertir que les lettres écrites par cet abbé à Rome étaient peu respectueuses pour Sa Sainteté et insolentes pour lui-même, ensuite pour le prier de vouloir bien faire adresser à leur auteur une forte remontrance 2.
Cependant Cibo fut évidemment coupable envers la France. Outre les ruses déjà mentionnées, il osa affirmer au duc d'Estrées, en novembre 1680, que Lauri, auditeur de la nonciature de Paris, avait toujours, dans ses dépêches chiffrées les plus secrètes, parlé « avec adoration » de la personne sacrée de Louis XIV et de ses actions 3 ! Cette assertion était manifestement fausse. Dans son mémoire du 1er janvier 4681, Servient dénonça un nouveau mensonge de Cibo. A propos des censures publiées à Rome contre l'arrêt du parlement et contre les ouvrages de Maimbourget de Gerbais, il dit expressément : « On permit au cardinal Cybo de dire contre la vérité et la vraisemblance qu'il n'avait eu aucune connaissance des censures qu'après qu'elles avaient été affichées 4. »
Plus on étudie les dépêches diplomatiques, plus on constate la duplicité de ce cardinal; chaque jour il avan-