‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 395 sur 473 · Ibid., t. CCLXXV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXV, p

cait de contradictions en contradictions, blâmant simultanément ceux qu'il estimait, et estimant ceux qu'il blâmait, tenant en même temps les langages les plus opposés, suivant les personnes avec lesquelles il s'entretenait. Ainsi, au commencement de février 1681, il dit au duc d'Estrées « que les choses ne pouvaient pas aller plus mal qu'elles étaient dans ce pontificat1; » en mars, •il « demeura d'accord que l'on n'usait pas à Rome avec le roi de France comme l'on devait 2. » On lit encore dans la dépêche du duc d'Estrées à Louis XIV, en date du 29 mars 1681 : « Après avoir quitté le pape, je fus chez M. le cardinal Cybo, à qui je montrai les copies des lettres du sieur de la Borde à Sa Sainteté, à Favoriti et à Dorât. Tl les lut deux fois avec un très grand étonnement que Sa Sainteté pût encore ou voulût douter de l'abominable conduite de Favoriti, et qu'elle hésitât à le priver de sa confiance 3. » Et cependant, le 16 avril, Servient certifia et prouva à Croissy que Gibo pensait comme le pape, qu'il était dans les mêmes sentiments que l'évêque de Pamiers et ses partisans, et qu'il « dissimulait, \> s'il en parlait autrement 4.Le 23, Servient manda que Cibo était en relations assez intimes avec le dominicain Guzman, qu'il communiquait par celui-ci avec l'ambassadeur d'Espagne, qu'il s'était vanté auprès de cet ambassadeur d'avoir contribué plus que personne à faire donner au jeune prince de Neubourg le bref qui le déclarait apte à recevoir la prêtrise et l'épiscopat avant d'avoir vingt ans. Cibo se glorifia donc d'avoir fait pièce à l'ambassadeur de France et à Louis XIV au profit de l'Autriche 5. Et pendant qu'il se faisait ainsi valoir auprès de l'ambassadeur d'Espagne,

1. Le duc d'Estrées au roi, le 5 février 1681 (Correspondance de Borne, t. CCLXXI, p. 55-73).

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