‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 396 sur 473 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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il disait au duc d'Estrées que les vrais coupables, dans la mauvaise direction des affaires de France, étaient le cardinal Azzolini, la reine de Suède et Favoriti ! !

Aussi Servient écrivit-il avec raison le 31 mai : « Si l'on examine bien attentivement ce qui revient au roi des sentiments du cardinal Cybo, on le verra si divers de lui-même qu'on en connaîtra aisément le fond de son cœur. Tantôt il espère, tantôt tout est perdu ; une autre fois il prie d'attendre, il promet de tout dire, affecte après de modérer les discours ou de feindre de l'avoir fait; il donne une vue de la part du pape, d'autres fois comme à son insu, il la désavoue, ensuite ; il peut quelquefois servir et fait tout, d'autres fois il ne peut rien; il parle mal de Favoriti, ensuite il l'excuse; il en fait de même de la reine de Suède et d'Azzolini ; il nous fait des confiances sur les Espagnols, il leur en fait de même des nôtres, qui nous reviennent ; et tout cela avec un air si visible de mystère, de faiblesse et de duplicité, qu'il a le malheur de ne tromper d'autre personne que luimême. J'ose en parler clairement, bien que je souhaitasse de me tromper dans les suites. Mais il est fâcheux que cet homme, qui pourrait faire, ne fasse rien pour nous 2. »

Le cardinal d'Estrées se laissa aussi tromper tout d'abord par les allures de Cibo. Ainsi, dans le mémoire qu'il envoya au roi avec sa dépêche du 31 mai 1681, il raconta sérieusement que Cibo avait dit au pape à propos d'une des affaires de France : « Saint Père, nous serons tous prêts à répandre notre sang pour le service de Votre Sainteté ; mais, saint Père, il faut auparavant voir si nous avons raison dans l'affaire dont il s'agit. Le pape répondit : Signor cardinale, il negotio e chiaro. Le cardinal répondit : Saint Père, il pourrait être que

1. Le duc d'Estrées au roi, le 13 mai 1681 (Correspondance de Rome, t. CGLXX1, p. 325-358).

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