‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 397 sur 473 · Ibid.,t. CCLXXV, p · texte numérisé non relu

Ibid.,t. CCLXXV, p

l'affaire n'est pas si claire que Votre Sainteté l'estime, il y a beaucoup à dire. Sur quoi le pape paraissant surpris et le cardinal demeurant en silence, le discours n'alla pas plus avant '. » Sans doute il pouvait s'élever entre le pape et son secrétaire d'Etat des divergences d'opinions, mais rien ne fait supposer que celui-ci ait réellement tenu le langage rapporté par le cardinal d'Estrées.Le 16 juillet, Servient écrivit expressément qu'on avait des preuves d'une parfaite intelligence entre le pape et son secrétaire d'Etat 2. Les 1er et 2 août, Servient manda à Croissy : « M. le cardinal Gybo fut l'unique auteur de la grâce que le pape accorda aux Espagnols il y a environ trois mois , et qui leur assure deux cent mille pistoles de revenus sur les ecclésiastiques de l'Espagne. Il se servit de l'iruption des Africains et représenta si vivement au pape que ce serait le temps d'accorder quelque grâce à l'Espagne , que Sa Sainteté consentit. » C'est Cibo qui en écrivit le premier et de sa propre main à la cour de Madrid, s'attirant tout l'honneur de cette grâce, et « racontant comme il l'avait arrachée des mains de Sa Sainteté. » Le marquis del Carpio n'en fut même averti que quinze jours après par don Livio. « Favoriti n'est pourtant pas encore tout à fait persuadé de cette profonde intelligence entre le pape et Cybo, ayant des notions opposées que son inimitié pour Cybo lui fait paraître plus évidentes qu'elles ne le sont en effet 3. »

Cibo fut ici pris en flagrant délit de fourberie : car il avait toujours posé devant le duc d'Estrées pour un adversaire des Espagnols et des grâces que le pape leur accordait, sous l'influence, disait-il, de M. de Luca; et cette fois il était démontré qu'il posait aussi devant la cour de Madrid comme le principal fauteur des intérêts espagnols.

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