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main à Louis XIV par le cardinal d'Estrées *. Dans un mémoire daté du 20 et relatif à cette question, le cardinal d'Estrées s'exprima ainsi : «Je n'accuse pas encore l'intention du cardinal Cybo, qui a fait en cela un personnage misérable, mais son extrême faiblesse. Je m'aperçois bien qu'il ne s'est pas ouvert avec moi dans toute la confiance qu'il affectait. Je lui en ai fait quelque plainte, et quoique au fond il craignît plus que personne une rupture (selon le génie du pays), il n'est pas exempt de tracasserie ; mais il faut tirer des gens ce que l'on peut2. » Cibo comprit qu'il commençait à être percé à jour, et il essaya de se justifier auprès du roi. Pour y arriver, il eut recours aux jésuites et particulièrement au Père de La Chaise. On trouve ces derniers détails dans une addition à la dépêche du duc d'Estrées, dépêche du 19 août et addition du 21 : il y est dit, d'après le Père Fabri, que Cibo a envoyé deux paquets au secrétaire général des jésuites, et qu'il voulait en cela, ou charger le Père de La Chaise de justifier auprès de Sa Majesté sa conduite dans l'affaire de la régale, ou faire donner au Père de La Chaise par son général quelque avis touchant la compagnie, afin d'essayer d'y apporter quelque remède3.
Le 1er octobre 1681, Servient écrivit sans voile à Croissy qu'on s'était trompé en ayant confiance dans Odescalchi et dans Cibo. C'était pour lui un fait acquis 4. Et malgré tout ce qui précède, Cibo, pour mettre le comble à ses duperies, pria Louis XIV de le traiter favorablement comme légat d'Avignon, outre la pension annuelle qu'il recevait de Sa Majesté. On lit, en effet, dans la dépêche du duc d'Estrées du 7 janvier 1682 : « Le cardinal Cibo m'a envoyé le mémoire ci-joint, et