‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 400 sur 473 · Ibid., t. CCLXXVI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXVI, p

celui qui me l'a apporté m'a prié instamment de sa part de vouloir bien représenter à Votre Majesté qu'étant légat d'Avignon il lui serait très obligé de trouver bon que les choses se fissent de son temps comme par le passé. »

Le 5 février 1682, Servient écrivit à Croissy : « Cibo pouvait agir moins grossièrement, et il a eu si peu de délicatesse dans l'usage de la confiance que M. le cardinal d'Estrées lui avait faite, qu'on pourrait le soupçonner d'avoir caché de l'artifice sous cette simplicité1. » Le duc d'Estrées perdit aussi de sa confiance d'autrefois dans le cardinal Cibo, qu'il finit par croire inféodé aux opinions du pape. Par exemple, à propos d'une audience ordinaire que le pape aurait dû lui accorder et qu'il lui refusa à cause de difficultés avec le marquis del Carpio, il écrivit à Louis XIV le 16 avril : « Il me semble que M. le marquis del Carpio s'était assez bien expliqué pour qu'il ne restât aucune difficulté à Sa Sainteté de donner celte audience, et je suis persuadé que, si elle l'avait bien voulu et aussi le cardinal Cibo, ils auraient encore tiré de cet ambassadeur quelque chose de plus positif,... et assurément le pape et le cardinal Cibo n'ont pas fait en cela ce qu'ils pouvaient et devaient. »

Cibo avait pour « ami très particulier » le cardinal Lauria. Or celui-ci était « pétri des maximes romaines,... fort âpre et rempli de longue main des principes des ultramontains2. » Le 22 avril, Servient manda à Croissy que Cibo « s'était chargé de faire défendre en secret, et de la part du pape, au vicaire des jésuites, de visiter notre ambassadeur le premier3. » C'était l'ambassadeur d'Espagne qui devait avoir la préférence. Cibo avait aussi l'habitude de feindre avec les d'Estrées l'ignorance de ce qui se passait même dans l'entourage du pape et dans le

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