Ibid., p
dépêches postérieures diront aussi ce qu'il faut penser sur ce point.
Dans un mémoire qu'il écrivit pendant le conclave et qu'il envoya le 23 à M. de Pomponne, l'abbé de Servient raconte les détails suivants : — 11 y eut dispute au conclave entre les cardinaux Colonne et Maidalchini. Le premier dit du second qu'il avait fait une ragazzàta (enfantillage) et une pazzia (sottise). Maidalchini « s'approcha de lui, en lui disant qu'il avait su le discours impertinent qu'il avait fait de lui, mais qu'il n'était pas surpris qu'il désapprouvât qu'il fût fidèle à son roi, lui qui avait été, comme ses parents, si infidèle à l'Eglise qu'à peine s'était-il échappé de la potence, par le secours du cardinal Ursin, qui s'était plaint depuis de son ingratitude. Cela fut suivi de plusieurs autres invectives réciproques, mais avec peu d'avantage pour le cardinal Colonne, la vente au grandduc de Castiglione qu'il traita sous Urbain VIII, dont son oncle était gouverneur, la punition de ce gouverneur et la prison de Frédéric Baldeschi qui aujourd'hui est ce cardinal, étant des faits dont la mémoire ne peut être agréablement renouvelée. » — Autre détail : « Par un pur effet de la malignité de cette cour, Ton blâme un peu M. le cardinal de Bouillon de trop de faste; un si grand nombre de valets de pied et de gentilshommes sans le reste de l'équipage, comme l'écurie et les carrosses, ne paraît pas convenable. Mais l'on blâme encore plus le nombre excessif de plats qu'il fait entrer à tous les repas dans le conclave, occupant lui seul toute une roue, incommodant fort les autres cardinaux et augmentant ainsi de beaucoup le luxe du conclave qu'on im prouve si fort; on en parle tout haut et l'on en murmure; il ne faut faire ici ni plus ni moins que les autres, c'est le seul moyen d'éviter l'envie et le mépris1. »
En envoyant ce mémoire à M. de Pomponne, l'abbé de Servient y ajouta une lettre dans laquelle il loua beau-