‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 41 sur 473 · Correspondance de Rome, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, p

coup les d'Estrées, disant que le cardinal s'était surpassé en habileté! Il jugea ainsi l'élection d'Odescalchi, avec le flair diplomatique dont il fit preuve en tant d'autres circonstances : « Je souhaite que le roi y trouve son service. Mais M. le cardinal d'Estrées même ne disconvient pas a vec moi, fort secrètement, qu'on aurait pu mieux faire, sans les scrupules du cardinal de Retz et V impatience du retour dans les deux autres. Il ne s'assure pas, non plus que moi, que les commencements ne soient pour la France, ou du moins indirectement; mais pour la fin elle pourrait être plus favorable à F Espagne. Cependant il pourrait encore être que son zèle le maintiendrait en bon état, mais il y faut assurément donner de bonne heure des soins l. »

Au lieu de ces soins réclamés par Servient, le roi et Pomponne ne songèrent qu'à se féliciter de leur exploit. Le 12 octobre, Louis XIV écrivit de Versailles au duc d'Estrées : «... Autant que j'ai été bien aise que vous ayez suspendu l'élection du cardinal Odescalchi tant que toute l'Europe aurait pu croire qu'elle se serait faite sans mon consentement et, sans ma participation, autant ai-je été satisfait que tout Rome et avec elle toute la chrétienté ait été persuadée qu'un si saint choix a été l'effet de l'approbation que j'y ai donnée, et que l'unique intérêt que j'ai eu, dans une occasion où tant d'autres ont accoutumé de se mêler, a été de donner k l'Église le sujet que j'ai cru le plus capable d'y tenir la place de saint Pierre2. » — Le lendemain, Pomponne écrivit au cardinal d'Estrées pour le féliciter de l'élection d'Odescalchi. « Rome, dit-il, va, ce me semble, prendre une autre face pour la France et pour vous, et les facilités que Votre Eminence trouvera, je m'assure, à tout ce qui regardera la satisfaction de Sa Majesté, vont fort réparer les dit-

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