‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 402 sur 473 · Ibid., t. CCLXXX1II, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCLXXX1II, p

au pape et lui manifestait un vif mécontentement de la conduite de Sa Sainteté1 !

Cibo ne fut donc pas plus sincère qu'il ne fut désintéressé, quoiqu'il affectât d'être l'un et l'autre. Sur son prétendu désintéressement, j'ai déjà cité le témoignage de l'ambassadeur d'Espagne, qui n'était pas son ennemi; voici celui de Servient : « Cibo, écrivit-il le 8 octobre 1682, est avide de faire déclarer des emplois, parce qu'il envie quelques présents2. » Le cardinal Fransoni ne le jugea pas mieux que les ministres de France, car il dit à la même époque à Servient : « Le malheur de M. le cardinal d'Estrées en cette affaire était d'être tombé entre les mains de M. le cardinal Cibo3. »

En novembre 1682, le ducd'Estrées s'aperçut lui-même que le cardinal était de mieux en mieux avec le pape4. Louis XIV, au lieu d'en conclure que Cibo était de plus en plus en opposition avec lui, écrivit de Versailles à ce duc que ce cardinal était « un si sage ministre5. » Ce n'était cependant pas les renseignements qui manquaient à Sa Majesté. Servient écrivit encore à Croissy le 26 de ce même mois : « Le cardinal Cibo se ménage extrêmement avec les Espagnols, qui souhaitent des brouilleries, et leur confie nos secrets6. » Cibo avait d'ailleurs un frère, archevêque et secrétaire de la congrégation de la propagation de la foi, qui était d'une partialité criante en faveur des Espagnols et qui s'était « bassement distingué par son excès de soumission » envers l'ambassadeur d'Espagne7. Les deux frères étaient de même tendance; leur esprit de famille était antifrançais.

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