Ibid. y t. CCLXXXII, p
7. Servient à Croissy, le 10 décembre 1682 (ibid., p. 86-90).
le cardinal cibo. 499
Le 17 décembre suivant, le cardinal d'Estrées, peu d'accord en cela avec la dépêche de son frère du 4 novembre précédent, chercha à persuader à Louis XIV que, si le pape « flattait quelquefois » le cardinal Cibo, il ne lui donnait qu'une « fort médiocre créance1. » C'était chercher à excuser le ministre du pape, quand il y avait tant de motifs de l'accuser.
Le 23 décembre 1682, le duc d'Estrées, toujours timide à juger le secrétaire d'État de Sa Sainteté, mais cependant déjà sur la voie de la vérité, écrivit à Louis XIV : « Nous ne doutons pas que ses intentions ne soient bonnes, mais nous ne pouvons pas dire la même chose des effets qu'elles devraient produire. » En février 1683, le marquis de la Penne, maître de chambre du cardinal d'Estrées, servait de (.( canal de communication » entre son Eminence et le cardinal Cibo; d'Estrées le dit« plein de fidélité et de discréditions » C'était une faible garantie, qui était loin de suppléer aux lacunes de Cibo. Louis XIV, sottement généreux envers ceux qui le trahissaient, envoya le 19 février 18 000 livres pour la pension annuelle de Cibo 3. Servient, dont les renseignements semblent avoir été, dans cette question, complètement écartés des conseils de Sa Majesté, fit remarquer, le 20 avril 1683, que le dominicain Guzman, connu pour sa haine de la France, était un confident intime de Cibo, et qu'il ne fallait pas se fier aux « teintes apparences de sincérité » de ce cardinal, qui était de connivence avec les Espagnols 4. Servient insista encore dans sa dépêche du 20 juillet : « Ottobon, dit-il, a une intelligence parfaite avec le cardinal Pio, pour engager le cardinal Cibo de servir l'Espagne et l'Italie, de réunir le pape et la république de Venise, pour traiter ensuite une ligue défensive... Je suis obligé de dire en