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conscience, et parla fidélité que je dois au service du roi, que l'attachement public et secret du cardinal Cibo avec les Espagnols est à craindre, » et qu'on pourrait en faire « des expériences désagréables, » si ce pontificat devait être de durée1.
C'est encore Servient qui formula le jugement suivant : « Le cardinal Cibo n'a en vérité qu'une prévoyance si bornée, des finesses si courtes, une si basse dépendance de ces gens (Casoni et Azzolini), et un si grand attachement à profiter des moindres bagatelles pour faire de l'argent et enrichir sa maison... Ses ménagements entre les Français et les Espagnols ne consistent qu'à rapporter tous les secrets des uns aux autres et à fomenter le trouble des affaires, en donnant lieu aux deux parties, par cette indiscrétion, de se traverser continuellement et de ruiner ce que lui-même voudrait faire pour l'une ou l'autre selon les diverses conjonctures... Il ignore le mépris de toute la cour, que cette conduite publiquement connue, sa faiblesse et ses artifices rampants près du pape lui attirent toujours davantage2. » Le 7 septembre 1683, Servient nota que ce cardinal, dans un billet écrit à Altieri, se donnait comme l'auteur de la réconciliation de ce dernier avec Louis XIV; réconciliation qui lui aurait coûté une peine extrême3. Ou cette assertion de Cibo était fausse, et il mentait pour s'attirer la gratitude d'Altieri; ou elle était vraie, et il avait travaillé, connaissant Altieri, contre les intérêts de Louis XIV, qui le pensionnait ; dans l'un et l'autre cas, sa déloyauté était manifeste.
D'après Servient, Cibo convoitait la papauté, et c'était pour y arriver qu'il « ne contrariait pas les entreprises des Autrichiens4. » Se croyant sûr du côté de la France, il épanchait toutes ses amabilités sur l'Espagne et l'Au-
t. Correspondance de Home, t. CCLXXXVI, p. 150-153.