Ibid. y p
<4. Servient à Croissy, le 28 décembre 1683 (ibid., p. 367-370).
LE CARDINAL CÏBO. 501
triche, pour obtenir leur concours. Toutefois il se trompait. Dans son mémoire du 14 juillet 1684 sur les personnages papables, le cardinal d'Estrées s'exprima ainsi à son sujet : « Créature d'Innocent X. Les difficultés que je remarquai touchant le pontificat du cardinal Cibo, dans ie premier mémoire que j'envoyai à Sa Majesté le 23 juillet 1681, semblent plutôt accrues que diminuées. Au moins les cardinaux Chigi, Altieri et tous leurs amis en paraissent fort éloignés; de sorte que, quoiqu'il n'en perde pas l'espérance, il reste, ce me semble, peu de lieu de s'en flatter1. »
Servient avait raison en disant que ce secrétaire d'État, par sa conduite ambiguë, double, déloyale, s'attirait le mépris de la cour même de Rome. Le pape, qui avait besoin d'un tel homme, tenait certainement à lui, mais ne paraissait pas en faire grand cas. Cibo lui-même s'en plaignit au duc d'Estrées, à moins que ce ne fût encore une ruse de sa part pour abuser le duc. Quoiqu'il en soit, le 18 juillet 1684, le duc dépêcha à Louis XIV : « Le cardinal Cibo me conta... qu'ayant voulu justifier, samedi dernier, un officier de guerre de Sa Sainteté qu'il aime et qu'il estime, elle ne voulut jamais lui permettre de parler, le rebutant rudement toutes les fois qu'il le voulait faire ; ce qui lui donna un si grand dégoût de se voir traité de cette manière, étant cardinal et premier ministre, que je l'en trouvai hier extrêmement affligé et même avec quelque ressentiment de fièvre2. » Ce qui pourrait faire croire à l'exactitude de ce fait, c'est que Servient, qui était moins facile à tromper que le duc, raconta, le 17 février 1685, que Sa Sainteté reprochait à Cibo « ses menées, son avidité, ses détours, ses infidélités, » et qu'elle l'aurait peutêtre éloigné du palais, si elle ne l'avait pas su agréable au roi de France3. Il n'était donc à son poste que pour