‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 407 sur 473 · Ibid., t. CCXCVII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCXCVII, p

craindre1. » Chose étrange, Cibo, qui approuva la conduite de Laury, condamna celle du nonce Ranucci, qui, quoique fausse, l'était beaucoup moins que celle de Laury; en effet, en mars 1G87, le cardinal d'Estrées lui ayant parlé de la question des immunités, « il ne sut que lui répondre, il haussa les épaules et désapprouva autant que le cardinal d'Estrées les pas que le cardinal Ranucci avait faits,... et il ne condamna pas moins les discours et la conduite qu'il avait tenus à l'égard du cardinal d'Estrées2. » Or Ranucci, condamné par Cibo, n'avait pas fait autre chose que suivre les instructions de ce même Cibo. C'est Louis XIV qui l'écrivit de Versailles au cardinal d'Estrées, le 18 avril suivant : « Le cardinal Ranucci, ditil, fait voir qu'il n'a rien avancé sur le sujet des immunités qui ne lui ait été ordonné par les lettres du cardinal Cybo, dont il rapporte les extraits, et il paraît effectivement un grand concert entre ces deux ministres sur tout ce qui regarde ce différend3.» Donc la fourberie de Cibo était palpable.

Ce fait confirme singulièrement les griefs dirigés contre lui par l'abbé Mélani en 1678 et 1680; il les renouvela dans une lettre adressée à monseigneur (Colbert de Croissy) le 22 novembre 1687 : « Le cardinal Cybo, dit-il, qui est le principal acteur dans le spectacle que le pape donne à toute la terre, continue à dire qu'il n'y a aucune part. Les émissaires publient que le cardinal Azzolin et Casoni sont les deux personnes en qui le pape a le plus de confiance4. »

Louis XIV se rendit enfin, quoique trop tard, à l'évidence des faits. Dans un «mémoire pour servir d'instruction au sieur marquis de Lavardin, dans la rencontre qui

1. Le cardinal d'Estrées au roi, le 27 mai 1686 [Correspondance de Rome, t. CCXCIX, p. 272-282).

2. Le même au même, le 25 mars 1687 (ibid., t. CCCIII, p. 220- 242).

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