‹ Louis XIV et Innocent XIChapitre 408 sur 473 · Ibid., t. CCCIX, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. CCCIX, p

peut arriver d'un conclave pendant le cours de son ambassade, » Sa Majesté dit qu'elle ne serait pas fâchée si le cardinal Cibo, qui est plus favorable à l'Espagne qu'à la France, trouvait des obstacles à son exaltation ; elle défendit, en outre, aux cardinaux de la faction de France de s'employer à la lui faciliter1.

En août 1687, le cardinal Ludovisio, doyen du sacré collège, étant mort, Cibo lui succéda dans ce titre et dans l'évêché d'Ostie, et il vit ainsi son revenu s'accroître de 4000 écus de rente2. Mais sa situation morale ne s'améliora pas pour autant, et Lavardin put envoyer à Louis XIV, le 23 mars 1688, cette appréciation dure, mais méritée : « Je vois le cardinal Cibo entièrement décrédité, tout au moins très faible et très misérable. Qui oserait même vous assurer qu'il soit bien intentionné pour vos intérêts, quoiqu'il prenne soin par tous ses ménagements et patelinages de nous le persuader3? » Patelinage était le vrai mot qui montrait au vif le caractère ondoyant et les manières doucereuses de Cibo. Au mois d'août suivant, Dhorchamp constata aussi que les délibérations au palais a ne se faisaient presque jamais qu'entre le pape et Casoni, » et que Cibo était obligé d'être complaisant pour ménager le peut de crédiqui lui restait4.

Mais, tout en étant complaisant avec le pape, Cibo tenait toujours à ne pas compromettre ses intérêts avec la France, et, en septembre 1688, à propos d'un discours énergique que Colbert de Croissy fit au nonce Ranucci, il dit que le secrétaire de Sa Majesté avait parlé « comme un oracle5. » Le mot est d'autant plus piquant, que Ranucci ne s'était attiré ce discours qu'en suivant les in-

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